LES OPTIONS, QUE L’ON DIRA SOCIALISTES,D’UNE SOCIÉTÉ DE TYPE NOUVEAU - L’Humanité, 31 août 2010
Après l’échec du « socialisme réel » et face à la crise du capitalisme, quelle alternative ?
L’idée de « socialisme » connaît aujourd’hui une profonde désaffection. Il y a à cela des causes générales, au premier rang desquelles l’effondrement du système dit du « socialisme réel », mais aussi une décomposition sociale profonde caractérisée par une perte des repères traditionnels : matériels, politiques, idéologiques, qu’accompagne un affaiblissement du lien social. La nature même des formations politiques qui s’en réclamaient en est atteinte. En France, le parti socialiste n’est ainsi qualifié que par habitude ou inertie. Le parti communiste lui-même n’y fait plus guère référence (à l’exception notable du mouvement des jeunes communistes), la plupart de ses inspirateurs – dont plusieurs l’ont d’ailleurs quitté récemment – ayant pratiqué la fuite en avant vers un communisme indéterminé sous couvert de la célèbre phrase de Marx : « le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses », phrase qui, dogmatisée et hors l’usage effectif qui en est fait, ne veut rien dire, mais dispense de caractériser les transformations majeures qui permettraient d’identifier une société nouvelle.
Or, dans une crise qui est bien une crise de système, il est plus que jamais nécessaire de dire qu’elles seraient les transformations quantitatives et qualitatives qu’il faudrait réaliser pour contester le capitalisme, à la fois nocif et incapable de répondre aux besoins humains de notre époque. Il ne s’agit pas se revenir sommairement au séquençage que proposait le matérialisme historique : communisme primitif-féodalisme-capitalisme-socialisme-communime, mais de s’inscrire néanmoins dans une perspective historique prolongeant la trajectoire antérieure. Entreprise difficile sans doute dans le désenchantement ambiant, mais qui reste la responsabilité des femmes et des hommes de notre temps. À cet effet, la stratégie de la récusation n’est pas la bonne solution : le contraire d’une erreur n’est pas nécessairement une vérité. L’hypothèse socialiste reste sur le chantier et il convient de lui donner un contenu tenant compte des échecs, mais aussi des enseignements du XXe siècle « prométhéen », en souvenir de ce titan de la mythologie grecque qui avait voulu de donner le feu du ciel aux hommes.

avec ses copains cheminots
Guy Lavrat participait à la réception.




Militant communiste, maire de Migennes, François Meyroune se bat pour la constitution d'une nouvelle force politique à gauche qui rassemble les sensibilités et les individus qui veulent une véritable transformation sociale dépassant le capitalisme.