Un référendum s’impose Le 29 mai 2005, le peuple a rejeté (55%) le Traité Constitutionnel Européen. Il exprimait son refus de voir graver dans le marbre les règles du néo-libéralisme. Malgré cela, Sarkozy en remet une couche avec le traité modificatif (ou simplifié). Contrairement à ce qu’il affirme, le "respect de l’économie ouverte de marché où la concurrence est libre" restera la pierre angulaire de la construction européenne à laquelle tout est subordonné. Aucune des exigences soulevées en 2005 n’est prise en compte : services publics, égalité homme-femme, laïcité, Europe sociale, refus de la libre circulation des capitaux et du dumping fiscal, superpuissance et missions de la Banque Centrale Européenne, politique de paix, fonctionnement démocratique de l’Union. Rien de tout cela dans le nouveau texte. Marie-Noëlle Lienemann dit que ce n’est "qu’un copié-collé" de la constitution. Les services publics restent soumis aux règles de la concurrence et nous savons à Migennes ce que cela signifie comme services aux usagers supprimés. Aucun des obstacles à l’amélioration des règles sociales n’est levé. Le pouvoir de la BCE est préservé. L’inscription de la défense européenne dans la politique de l’OTAN, c’est à dire sa soumission aux Etats-Unis. On retrouve tout ce qui fait de l’Europe une zone de libre échange et de promotion des politiques néo-libérales au lieu qu’elle se construise démocratiquement et propose une autre voie que le règne sans partage des multinationales et des marchés financiers. N.Sarkozy s’inscrit donc en contradiction avec le vote de mai 2005. Et il veut passer en force sans consultation des Français. Il veut utiliser la voie parlementaire. "Ce que le peuple a fait, seule le peuple peut le défaire", entend-on souvent. C’est par référendum que le peuple doit être consulté sur ce nouveau traité. Ce référendum, la gauche peut l’imposer. Pour faire passer son texte, Sarkozy a besoin d’une révision constitutionnelle qui requiert une majorité des 3/5 des votes des parlementaires. Si la gauche parlementaire vote contre, il suffira de quelques suffrages hors de ses rangs pour faire capoter le projet et ouvrir la voie à une consultation par référendum. Souvenons-nous que tous les candidats de gauche aux présidentielles promettaient un référendum ! Si tous ceux qui, à gauche, ont dit non au TCE en 2005 se mobilisent contre ce que Laurent Fabius appelle un déni de démocratie, Sarkozy sera contraint de consulter le peuple.