Guy Lavrat se définissait avant tout comme un militant communiste, comme un « rouge ». Il avait adhéré au PCF à l’automne 1944. Il avait 18 ans et il a gardé cet engagement pour l’émancipation humaine toute sa vie. Instituteur, il enseigna dans différentes écoles de l’Yonne et fut nommé, avec son épouse Suzanne, elle aussi militante communiste, à Migennes en 1957. Tout en enseignant au collège Paul Fourrey, il militait dans la ville, à la direction d’une section importante, mais également au sein de la direction départementale du PCF. Il exerça les premières responsabilités dans la fédération de l’Yonne du PCF. Il fut naturellement candidat à de nombreuses élections où il réalisait des scores de très haut niveau. Il aimait rappeler qu’il était arrivé en tête de la gauche au 1er tour des élections législatives de 1967 dans la circonscription d’Auxerre-Puisaye.Malheureusement, le second tour se déroula sans Guy Lavrat qui aurait pu devenir député. Il participa à tous les combats de son Parti contre l’injustice, pour l’indépendance des peuples, pour la Paix. Il se consacra pleinement au combat local dans le Migennois et en 1976 il fut élu conseiller général du canton de Migennes. L’année suivante, il conduisait une liste de rassemblement de la Gauche à la victoire. Migennes se donnait un maire communiste. Il resta maire jusqu’en 1998 et conseiller général jusqu’en 2001. Il m’est impossible de résumer le bilan de ses différents mandats. Je pense que l’on retiendra de lui sa combativité, son volonté inébranlable d’aider les plus démunis, de combattre l’injustice, mais aussi de permettre à sa ville et son territoire de se développer pour que l’on puisse y vivre mieux, en défendant les atouts de cette ville cheminote, ouvrière, industrielle qu’est Migennes. Les réalisations de Guy Lavrat et des équipes municipales qui l’ont accompagné sont toujours vivantes aujourd’hui. Je pense particulièrement aux structures de loisirs des enfants et des jeunes. Mais je pense aussi au développement du monde associatif qu’il favorisa grâce à un soutien sans faille et à sa volonté de développer la citoyenneté. Je pense à son insistance permanente pour consulter et co-élaborer les projets avec les habitants. Guy Lavrat était un rassembleur, un partisan de l’union de toutes les sensibilités politiques et citoyennes de gauche pour transformer la ville et le pays. En même temps, il était très exigeant sur le contenu de cette union. Il ne s’agissait pas pour lui de se soumettre aux diktats des marchés financiers et aux directives européennes. Jusqu’à son dernier souffle, Guy Lavrat s’est battu pour son idéal, même s’il souffrait terriblement. La maladie l’a vaincu en ce début d’automne 2012. On ne peut oublier l’homme, toujours prêt à aider, on ne peut oublier ses enseignements. En tous cas, ses camarades et tous ceux qui l’ont connu ne les oublieront pas.

Cette stèle réalisée par M.Bonnet ici présent, représente un livre. Guy Lavrat était un grand lecteur, un lecteur impressionnant. Son goût pour la lecture était aussi un goût pour l’écriture. Guy Lavrat écrivit de nombreux textes à caractère politique, bien sûr. Mais il était également passionné par l’histoire. Il se lança, dès qu’il ne fut plus maire dans des recherches approfondies et dans l’écriture d’une période riche en évènements dans son pays natal. Il fit un travail digne d’un véritable historien. Il écrivit différents textes, notamment sur l’Yonne et la guerre d’Espagne et sur le commissaire Grégoire collaborateur notoire du régime de Vichy et des nazis. Voilà pourquoi nous avons pensé que ce qui le symbolisait le mieux, c’était le livre. Je veux remercier Suzanne, sa compagne, de nous avoir autorisés à réaliser cette stèle. Je crois que Guy en serait fier. Merci de votre attention.