SECTEUR FEDERAL CGT DES CHEMINOTS DE PARIS SUD EST

Mesdames, Messieurs les Maires, Mesdames, Messieurs les Conseillers Généraux ;

Dernièrement la presse régionale se fait l’écho d’évolutions de l’offre TER sur le Morvan.

Plutôt qu’évolutions, nous parlerons de petits arrangements entre amis sous prétexte d’un modèle économique qui ne serait plus tenable et de réponse aux attentes des voyageurs, il est proposé la suppression d’arrêts de train et le transfert sur route en compensation.

La CGT des cheminots a pleinement conscience de l’état des finances de la région Bourgogne.

Pour autant, nous sommes convaincus que la fuite en avant et la mise en œuvre d’une offre « low cost », si elle devait se confirmer en tant que modèle économique, serait un vrai recul du service public ferroviaire sur nos territoires.

Ce modèle transforme le travail, créateur de richesses et de relationnel, en coût qu’il faut faire baisser à tout prix aux seules fins de dégager des profits pour quelques-uns. Il conduit les utilisateurs à accepter une baisse importante du niveau de qualité, voire de sécurité, la soumettant à la seule lecture du prix affiché. La traduction politique du « low cost » fait ressurgir des « idéologies » individualistes s’appuyant sur la démagogie et l’égoïsme qui se dissimulent derrière une communication portant sur des propositions de solutions personnalisées.

Plus qu’à l’usager, l’extension du « low cost » profite donc avant tout à l’actionnaire en poussant les feux d’une financiarisation de l’économie, et ne répond pas à la demande des usagers.

Malheureusement la SNCF n’échappe pas à ces stratégies. Son président, Guillaume Pépy en fait même un exemple à suivre via son VRP de luxe, le directeur de la Branche SNCF Mobilités.

Nous savons bien que les usagers du rail du Morvan souhaitent plus de rapidité entre Clamecy, Avallon et Paris où bien la capitale régionale.

La CGT estime que le train peut répondre à cette attente légitime tant du point de vue de la garantie des horaires et cela en toute sécurité, contrairement au mode routier, qui lui, détériore les infrastructures sans jamais en supporter le coût et ne peut, par ailleurs, garantir les horaires.

Comme nous, vous savez que sur les deux branches du Morvan des investissements lourds ont été réalisés sur les infrastructures, la CGT constate que la SNCF et RFF n’ont pas été au bout de la logique de modernisation des installations, puisque les trains roulent à la même vitesse après les travaux. Le seul gain étant sur le confort des usagers. Pourtant, les infrastructures renouvelées permettent d’augmenter la vitesse des circulations moyennant quelques aménagements « techniques ». En outre, l’augmentation de vitesse de ces lignes en voie unique permettrait d’augmenter la capacité en nombre de circulations tant voyageur que fret.

Si le choix présenté au mois de septembre aux élus devait voir le jour, à savoir le transfert sur la route de tout ou parties des circulations TER, cela aurait également un impact sur les circulations Fret dans un avenir plus ou moins proche. Avec le risque de report modal vers des routes peu adaptées et au demeurant déjà surchargées de camions. En clair, un transfert de charge vers les collectivités.

Le mode ferroviaire n’a plus à faire la preuve de son efficacité en termes de développement durable et de sécurité, contrairement au mode routier.

Par définition, le transport ferroviaire génère des emplois de qualité qui présentent le double avantage d’être à la fois locaux et non délocalisables.

A contrario des propositions de la région Bourgogne, la CGT revendique l’ouverture des guichets du premier au dernier train avec un accompagnement pour chaque train, ainsi qu’une nouvelle offre répondant aux attentes des usagers.

La fermeture des guichets et le non-accompagnement des trains contraignent de nombreux usagers à la fraude, ce qui induit des pertes de recette pour la région Bourgogne.

En outre, la sureté et la sécurité des usagers ne peuvent être garanties avec les choix économiques retenus actuellement.

La CGT ne se résigne pas et entend poursuivre la bataille pour le développement du Service Public Ferroviaire, comme elle l’a fait notamment en juin dernier contre la réforme du système ferroviaire.

Cette Loi montre aujourd’hui son vrai visage. Ce sont les usagers et les cheminots qui paient cette réforme non financée. Ce sont des territoires entiers qui sont aujourd’hui menacés par la fermeture de lignes et les dégradations des conditions de transports des usagers. C’est sans parler sur les conditions de travail des cheminots.

Mesdames, Messieurs les Maires et Conseillers Généraux, sachez que la CGT est disponible pour poursuivre le débat et l’action pour pérenniser les lignes du Morvan dans l’intérêt général.

Cordialement,





Karine FAYADAT Syndicat CGT des cheminots d’Auxerre Osvaldo CERQUEIRA Syndicat CGT des cheminots de Laroche-Migennes

03 86 92 77 58 cgt.cheminots.laroche@gmail.com Alexandre BOYER Secteur Fédéral CGT des cheminots de Paris Sud Est

01 43 46 83 50 secteur.cgt.pse@secteur-cgt-pse.com