Elle semblait inusable physiquement, bien que devenue un peu voûtée ces derniers temps et je peux dire que je l’admirais, quand je voyais, il n’y a pas si longtemps, cette frêle grand’mère descendre encore à vélo de Cheny, le jeudi, pour aller au marché de Migennes, et ceci jusqu’à 80 ans. Sa vitalité extraordinaire l’avait aussi conduite, comme une jeune, à faire chaque automne une cure de thalassothérapie en Bretagne, il y a encore peu d’années. Pour ma part, dans le cadre de mes activités de jeune militant d’alors, au début des années cinquante, je l’avais rencontrée pour la première fois chez ses parents, petits commerçants à l’Isle-sur-Serein, où ils tenaient une boutique de bonneterie- confection et j’ai le souvenir d’une jeune femme avenante, pleine de projets, cherchant comment faire vivre les convictions qui étaient les nôtres dans un secteur du département qui commençait à se désertifier, où elle était née, à Massangis, le 25 janvier 1919 et où elle avait milité toute jeune, avant-guerre, dans le Mouvement Amsterdam-Pleyel de lutte contre la guerre et le fascisme.

Après avoir enseigné dans l’Avallonnais, elle monta à Dannemoine puis à Tonnerre où elle termina sa carrière comme directrice d’école maternelle. Passionnée par son métier, elle pratiquait des méthodes pédagogiques nouvelles, notamment la méthode Freinet. Elle conserva des rapports étroits avec ses jeunes collègues de Cheny, après sa retraite, quand elle vint s’installer dans cette commune en 1974. Un épouvantable malheur la frappa durement  à ce moment-là : Lucien, son mari, militant actif comme elle, postier retraité de son état, décédait en décembre 1974. Josette dut surmonter ce terrible et inattendu coup du sort et les multiples activités qu’elle s’efforça de déployer l’aidèrent  beaucoup pour cela. Ce fut alors, souvent comme trésorière,  sa participation au Mouvement de la Paix, à l’ANACR, au Secours populaire, sans oublier la section de Migennes du PC. Elle fut aussi  conseillère municipale et donna de son temps à plusieurs associations locales. En somme une retraite bien remplie après une vie active et professionnelle bien remplie elle aussi.

A ses trois enfants, Jean-Michel, Jean-Claude et Jocelyne, à ses petits-enfants et arrière- petits –enfants, j’adresse les condoléances les plus émues de la section migennoise du PC et toute notre sympathie. Nous partageons sincèrement votre douleur. Adieu Josette, nous penserons souvent à toi. Pour terminer je ne voudrais pas manquer d’apporter les excuses de François Meyroune, maire de Migennes, qui a dû honorer aujourd’hui le rendez-vous qu’il avait pris au ministère des Transports pour demander que l’arrêt du TGV à Laroche-Migennes ne soit pas supprimé au mois de décembre.