Monsieur le Président,

J’ai l’honneur d’attirer, une nouvelle fois, votre attention sur le lycée Blaise Pascal de Migennes. Le spectre de la fermeture pure et simple hante les personnels, les élèves et leurs parents, la population, et naturellement les élus du Migennois. Récemment le conseil municipal de Migennes a voté une motion, à l’unanimité moins une voix (celle du seul élu socialiste), demandant une réunion de toutes les parties, direction du lycée, équipe enseignante, personnel technique, élus locaux et régionaux, Etat, pour faire le point de la situation et envisager l’avenir. Elle rappelait également les attentes de la ville. Cette rencontre n’a pu se tenir en décembre, alors qu’elle était programmée.

L’existence de ce lycée professionnel est très importante pour le Migennois, mais au-delà pour le département et la région. Il est un outil rénové récemment, sauf pour ses ateliers techniques, et pourrait accueillir beaucoup plus d’élèves qu’il n’en accueille aujourd’hui, si la décision de créer de nouvelles sections de formation était prise par le Rectorat. Un établissement de ce type tranche avec les « gros » lycées parce qu’il est à taille humaine et permet aux professeurs et à l’administration d’être au plus près des élèves. C’est une chance, notamment pour le travail individualisé. Le lycée B.Pascal est un atout pour notre territoire qui souffre durement de la crise et qui a besoin d’outils efficaces pour donner à la jeunesse une formation lui permettant d’entrer dans les meilleures conditions dans la vie active. Les entreprises locales sont demandeuses de formations techniques qui pourraient être mises en place dans ce lycée. Ainsi, non seulement il est nécessaire de pérenniser l’établissement à Migennes, mais il faut le développer avec de nouvelles sections et filières, industrielles en particulier. C’est le vœu contenu dans la motion du Conseil Municipal de Migennes. Ce vœu était accompagné de la volonté de voir rapidement reconstruits les ateliers techniques, ravagés par un incendie en mai dernier. Une reconstruction à neuf était prévue dans le projet initial de rénovation du lycée. En effet, il y a quelques années, le Conseil Régional avait inscrit une somme de 2,650 millions d’€ pour ce faire. Cette inscription budgétaire semble avoir été supprimée. Seuls 500 000 euros sont inscrits pour les besoins immédiats.

Cette situation génère beaucoup d’inquiétudes. Plus encore, quand on lit dans la presse départementale qu’un accord de financement de 200 millions d’euros a été signé entre la Bourgogne et la Franche-Comté et la Banque Européenne d’Investissement et que le nom du lycée n’apparaît pas. Cet accord permettra de financer la modernisation de lycées et de centres de formation. 46 lycées sont concernés pour la Bourgogne, selon l’Yonne Républicaine du 26 décembre. Je n’ai rien lu concernant le lycée de Migennes dans les documents mis en ligne, en particulier dans le programme d’investissement bourguignon pour les lycées et centres de formation.

Il est urgent, Monsieur le Président, de répondre et de dire la vérité sur les intentions du Conseil régional aux partenaires du lycée Blaise Pascal de Migennes, à la population. Evidemment, vous l’imaginez, si vous annonciez une mauvaise nouvelle qui impliquait la fermeture de l’établissement, vous provoqueriez une terrible déception dans la population de la ville et de tout le territoire. J’ajoute qu’une profonde colère s’emparerait des électeurs de gauche qui n’ont pas voté pour le démantèlement du service public de l’Education Nationale. Dans cette hypothèse, je serais de celles et ceux qui appelleraient à la résistance pour que le Conseil Régional soutienne notre établissement.

J’attends, impatiemment, une réponse positive à ces demandes et vous adresse, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

François Meyroune ancien maire de Migennes